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Pascal Blanchard, toujours en retard d'un train.

Publié le 12 juin 2020

A l'époque du scandale autour de l'exposition "Exhibit B" de Brett Bailey, il a défendu l'oeuvre de l'artiste comme étant anti-raciste. Il est complètement passé à côté de l'émotion des afro-descendants qui y voyaient au contraire une humiliation. En bon humaniste abstrait, il a défendu l'art et la liberté d'expression en lieu et place de la dignité noire.

Aujourd'hui, il dénonce le déboulonnage des statues d'esclavagistes de part le monde, suite à l'assassinat de George Floyd, au prétexte qu'il faut regarder l'histoire en face et que ces statues sont des témoignages des crimes européens. Soit. C'est un argument qui pourrait valoir et auquel je pourrais adhérer si et seulement si il y avait au moins un équilibre des rapports de force entre le pouvoir blanc et la lutte indigène. Sauf que le petit Blanchard (parce qu'il est petit) balaie d'un coup de main l'inexistence de cet équilibre. Comme dans toute situation de ce genre, la marge de manoeuvre est étroite et les possibilités d'action peu nombreuses. Il ne reste donc à la puissance indigène agissante que de déboulonner ces statues et accélérer le cours de l'histoire et faire ce que sa pédagogie à deux balles ne fera jamais : dévoiler l'obscénité de ces symboles de la suprématie blanche avec une force jamais égalée jusqu'ici.

Mais ne soyons pas plus bêtes que nous ne le sommes. Blanchard est toujours en retard d'un train mais rien n'est fortuit. C'est la stratégie qu'il doit adopter pour continuer d'être l'interlocuteur privilégié des institutions et des médias, le chouchou des éditeurs. En prenant une position de grand sage, en pointant les excès des passions indigènes, il flatte le ventre mou de l'antiracisme et sait qu'il restera une interface entre les pouvoirs publics et les indigènes. Pas pour la gloire de la lutte décoloniale mais pour la gloire de Blanchard Le Petit. Si ceux qui déboulonnent les statues pouvaient aussi dégonfler la baudruche Blanchard, ce serait un acte saint.

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