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"Mon voile, mon choix" face à Zemmour

Publié le 25 octobre 2021.

La scène de dévoilement, violemment obscène et d'une tristesse infinie pour cette femme qui a cru se soumettre à un exercice de liberté en retirant son voile devant un mâle raciste, n'est pas seulement un remake des scènes de dévoilement de l'administration coloniale d'Alger. D'une certaine manière, c'est pire que çà. Aujourd'hui, la pression islamophobe est tellement forte que de nombreuses femmes qui le retirent se convainquent qu'elles le font par choix. Si cette scène a eu lieu, c'est que la ligne qui a été adoptée depuis maintenant vingt ans pour défendre le droit de porter le voile par les milieux qui luttaient contre l'islamophobie a été une ligne libérale et individualiste : "mon voile, mon choix", complétée par une rhétorique du type : "le voile ne veut rien dire, c'est juste un tissu". Cette stratégie a été validée par le féminisme dit "islamique" (du moins sa version dominante) et la plupart des féminismes en soutien aux femmes voilées.

Puisque le voile n'est rien, Zemmour aurait eu tort de ne pas exploiter cette capitulation. S'il est un tissu comme un autre, une cravate vaut bien un foulard n'est-ce pas ?

Peut-on franchement blâmer Zemmour quand "notre camp" lui a apporté tous les arguments sur un plateau d'argent ? Cette scène vient de pulvériser cette stratégie.

On est tout nus. Et c'est plutôt douloureux.

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